Romain PUÉRTOLAS

©Éric Clément

          Cher Romain Puértolas,

 

          Vous lire, c’est sourire, c’est avoir le cœur et les sens en fête, c’est être envahi d’une douce légèreté, c’est se faire plaisir.

          Dans chacune de vos histoires, vous invitez à un festival de l’imaginaire, à un barbecue olé olé où vos personnages haut en couleurs deviennent des potes avec qui on aime boire un verre de rosé frais et partager d’amusantes anecdotes. Oui, cher Romain, vous avez le don de mettre votre lecteur à l’aise, de lui offrir des livres habités d’affriolantes aventures, de piment, de réflexion, de sensualité et surtout de tendresse, d’énormément de tendresse.

          Malgré les extraordinaires rebondissements qu’ils vivent, malgré leurs talents de magiciens, – qu’ils soient fakir, empereur, policier, factrice, danseuse au Moulin Rouge, aiguilleur du ciel, djihadiste, suprémaciste blanc… – vos personnages conservent une simplicité et une humanité qui émeut et qui ravit. Joyeusement loufoques, ils sont aussi profonds et, avec des mots simples, malgré les sourires qu’ils éveillent, ils nous renvoient à ce qu’il y a de lumineux en nous, à ce qui fait du bien, à la vie.

          Votre merveilleuse petite Zahera et votre Providence de haut vol, votre Napoléon décongelé, votre simpsonienne Agatha Crispies, votre incroyable fakir sont chacun un délice de finesse, de profondeur et d’amour. Rares sont les livres fleuris d’humour, plus rares encore les romans intelligents qui, sans nier l’obscur et la misère, regardent le monde en beau et offrent avec brio de ressentir les autres avec davantage d’empathie. Comme Rachid, le kiné, vos personnages « sentent bon l’humanité et la galette de pain frais » : ils offrent, chacun à sa manière, un peu plus de cœur dans la frénésie de notre monde et vous permettent de parler, avec légèreté, des pires horreurs de notre époque : puissent les politiques s’inspirer de vos pages pour dézinguer le terrorisme sans tuer personne, puissent-ils avoir l’intelligence de votre empereur pour pénétrer l’âme des méchants !

          On se régale au fil des péripéties que vous faites vivre à vos héros, mais votre humour, parfois aussi délirant que votre imagination, ne perd jamais de vue qu’il faut donner du sens à ce que l’on entreprend, que l’amour est la plus belle aventure humaine et que le respect de l’autre et des différences permet de construire une planète plus solidaire.

          Amoureux des livres et des écrivains, vous ne perdez jamais de vue que la littérature est belle lorsqu’elle ne se prend pas la tête et qu’un auteur n’est grand que lorsqu’il n’emmerde pas ses lecteurs avec ses problèmes de constipation mentale. La littérature, c’est comme la vie, un cadeau, et vous invitez chacun à en profiter un max en insistant sur tous ces petits riens qui transforment le quotidien. Vos personnages « terrestres-extra », « ceux dont l’ennemi n’est pas né », deviennent des amis, donnent la pêche, appuient sur la détente (pas la gâchette !) de la tendresse et nous convient à mettre la joie au menu plutôt que la morosité.

          Merci, ami Romain, d’être de ces auteurs qui ne se prennent pas au sérieux tout en offrant à leurs lecteurs des livres heureux, généreux et somptueux, des romans à croquer et qui font tant de bien !

 

Frank Andriat

Romain Puértolas,
L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea,
La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel,
Re-Vive l’Empereur,
Tout un été sans Facebook

sont disponibles en Livre de Poche ou aux Éditions Le Dilettante.

Posted in Coup de cœur. RSS 2.0 feed.