Romain PUÉRTOLAS

©Éric Clément

Cher Romain,

 

          Vous êtes un terrible filou et votre nouveau roman en est une preuve éclatante. Avec un art consommé d’inventeur du réel, vous menez votre lecteur sur de sombres chemins de campagne, en ces endroits de la France profonde où les règles ne sont pas celles de la République, où tout se joue dans les non-dits, dans les secrets, dans les silences.

          La police des fleurs, des arbres et des forêts (Quel beau titre !) n’a pas le côté dingue de vos autres livres : plus sobre, plus classique, plus sage, il conserve sa folie en un cocon, la condense, la préserve pour qu’elle explose en un bouquet final qui transforme tout ce qu’on a lu en un feu d’artifice ! C’est fou comme on s’est fait avoir ! Tout était dit et, comme votre enquêteur, on n’a rien vu.

          Cher Romain, comme tout auteur de roman policier qui se respecte, vous êtes un manipulateur. Dans votre histoire, chaque fait semble si vrai, si logique, si pertinent… parce que chaque fait y est vrai, logique et pertinent. Vous décrivez avec finesse, avec humanité, les relations entre vos personnages, leur psychologie, leurs dérives, leurs ombres et leurs lumières. Vous faites grimper le suspense, vous cheminez impitoyablement vers votre coupable, vous le coincez et, ensuite, vous attrapez votre lecteur qui vous a suivi, haletant, passionné, ému par votre terrible histoire.

          Merci pour la surprise, l’ami ! Merci pour ce roman qui découvre l’âme d’un village perdu, pour ce retour vers les années soixante, vers le rêve de Paris et des Galeries Lafayette, vers des êtres simples, mais brûlants. Vous décrivez si bien les passions humaines, les détours qu’elles nous font prendre et les mensonges qu’elles nous conduisent à inventer. Les lecteurs se retrouvent dans vos gens simples, amoureux, sincères qui tentent d’être le plus heureux possible et qui, parfois, à force de trop aimer, finissent par haïr.

          Cher Romain, vous êtes un tendre, même quand vous décrivez des scènes horribles, vous êtes aimant même quand vous décrivez des duperies. Avant d’être de gros cons cadenassés dans leurs certitudes, vos personnages, un brin simenoniens, ont des failles, comme nous tous. Leurs fragilités les rendent attachants et nous conduisent à les aimer. Leurs dérapages nous rappellent les nôtres et nous disent que, parfois, nous sommes prêts à de pleutres tromperies pour échapper à notre quotidien.

          Merci de m’avoir emmené à la campagne, merci de m’avoir fait rêver et vibrer, au terme de votre roman, d’un grand éclat de rire. Vous l’écrivez généreusement et simplement : vos lecteurs sont votre raison d’écrire. Au fil des livres de vous que j’ai lus, je puis affirmer que vous êtes devenu, mon cher Romain, une de mes raisons de lire.

 

Frank Andriat

Romain Puértolas, La police des fleurs, des arbres et des forêts, Albin Michel, 2019.

          Cher Romain Puértolas,

 

          Vous lire, c’est sourire, c’est avoir le cœur et les sens en fête, c’est être envahi d’une douce légèreté, c’est se faire plaisir.

          Dans chacune de vos histoires, vous invitez à un festival de l’imaginaire, à un barbecue olé olé où vos personnages haut en couleurs deviennent des potes avec qui on aime boire un verre de rosé frais et partager d’amusantes anecdotes. Oui, cher Romain, vous avez le don de mettre votre lecteur à l’aise, de lui offrir des livres habités d’affriolantes aventures, de piment, de réflexion, de sensualité et surtout de tendresse, d’énormément de tendresse.

          Malgré les extraordinaires rebondissements qu’ils vivent, malgré leurs talents de magiciens, – qu’ils soient fakir, empereur, policier, factrice, danseuse au Moulin Rouge, aiguilleur du ciel, djihadiste, suprémaciste blanc… – vos personnages conservent une simplicité et une humanité qui émeut et qui ravit. Joyeusement loufoques, ils sont aussi profonds et, avec des mots simples, malgré les sourires qu’ils éveillent, ils nous renvoient à ce qu’il y a de lumineux en nous, à ce qui fait du bien, à la vie.

          Votre merveilleuse petite Zahera et votre Providence de haut vol, votre Napoléon décongelé, votre simpsonienne Agatha Crispies, votre incroyable fakir sont chacun un délice de finesse, de profondeur et d’amour. Rares sont les livres fleuris d’humour, plus rares encore les romans intelligents qui, sans nier l’obscur et la misère, regardent le monde en beau et offrent avec brio de ressentir les autres avec davantage d’empathie. Comme Rachid, le kiné, vos personnages « sentent bon l’humanité et la galette de pain frais » : ils offrent, chacun à sa manière, un peu plus de cœur dans la frénésie de notre monde et vous permettent de parler, avec légèreté, des pires horreurs de notre époque : puissent les politiques s’inspirer de vos pages pour dézinguer le terrorisme sans tuer personne, puissent-ils avoir l’intelligence de votre empereur pour pénétrer l’âme des méchants !

          On se régale au fil des péripéties que vous faites vivre à vos héros, mais votre humour, parfois aussi délirant que votre imagination, ne perd jamais de vue qu’il faut donner du sens à ce que l’on entreprend, que l’amour est la plus belle aventure humaine et que le respect de l’autre et des différences permet de construire une planète plus solidaire.

          Amoureux des livres et des écrivains, vous ne perdez jamais de vue que la littérature est belle lorsqu’elle ne se prend pas la tête et qu’un auteur n’est grand que lorsqu’il n’emmerde pas ses lecteurs avec ses problèmes de constipation mentale. La littérature, c’est comme la vie, un cadeau, et vous invitez chacun à en profiter un max en insistant sur tous ces petits riens qui transforment le quotidien. Vos personnages « terrestres-extra », « ceux dont l’ennemi n’est pas né », deviennent des amis, donnent la pêche, appuient sur la détente (pas la gâchette !) de la tendresse et nous convient à mettre la joie au menu plutôt que la morosité.

          Merci, ami Romain, d’être de ces auteurs qui ne se prennent pas au sérieux tout en offrant à leurs lecteurs des livres heureux, généreux et somptueux, des romans à croquer et qui font tant de bien !

 

Frank Andriat

Romain Puértolas,
L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea,
La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel,
Re-Vive l’Empereur,
Tout un été sans Facebook

sont disponibles en Livre de Poche ou aux Éditions Le Dilettante.

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