Grégoire DELACOURT

GD

      Mon cher Grégoire,

      Une fois de plus, vous m’avez ravi. J’imagine d’ici toutes les femmes que vous rendrez heureuses avec votre nouveau roman, toutes celles qui frissonneront de savoir – parce qu’en vous lisant elles le vivront de l’intérieur – que vieillir n’est pas un drame, mais, comme vous l’écrivez, une victoire. J’imagine leur émotion de lire les mots d’un homme qui a la délicatesse de l’amour, le sens de l’autre et celui des relations qui se construisent. Le regard que vous portez sur vos semblables est empli de grâce et de respect, d’une profonde tendresse aussi, et vos mots se lisent avec un sourire. Avec tant de plaisir.

      Votre roman est vrai : il parle de ces mensonges que l’on se fait à soi-même et que l’on fait aux autres par peur de mourir, par peur de cesser d’être aimé, par peur de la solitude. Ce rêve entretenu par tant de femmes (cesser de vieillir) et par tant d’hommes (trouver une nouvelle et jeune femme pour ne pas se rappeler qu’ils vieillissent) est une chimère qui détruit l’amour. Votre Betty qui reçoit cette jeunesse éternelle perd aussi tout : la vie réelle qui creuse sur nos corps des chemins de tendresse et qui ouvre en nos cœurs la douce conscience de notre finitude.

      Merci, Grégoire, cher Grégoire, merci vraiment. En ces temps où l’on consomme de plus en plus ce et ceux qui nous entourent et où briller devient un but en soi et plus la conséquence d’un talent, votre roman rappelle que nos fissures et nos fragilités nous rendent humains, profondément humains. Vos personnages sont justes : Odette et sa peur de l’abîme, Fabrice et son envergure de poulet, André, merveilleux chêne de justesse et de paix, Long John Silver comme un éclat de verre, Françoise, béquille du monde, Paule comme une flamme éphémère, Michel le poignard, Sébastien, un bouquet bienveillant, et Martine-Betty, surtout, celle qui, pour retrouver l’amour, choisit opportunément de vieillir… Et les autres, chacun de ceux à qui vous donnez voix. Je voudrais écrire les émotions qu’ils ont éveillées en moi, je voudrais dire leurs lumières et leurs ombres : vos personnages, mon cher Grégoire, sont des personnes. Ils sortent de vos romans et nous rencontrent. Ils sont si vivants que nous n’avons pas le choix : nous les aimons, ils nous transpercent et nous conduisent vers ce qui, en nous, est le plus sensible.

      Il existe de très beaux livres écrits avec la tête, des textes vibrants et malgré tout souvent un peu froids. Vos romans, eux, viennent du cœur et, s’ils sont intelligents, ils demeurent chaleureux. Vous n’écrivez pas l’humain en l’analysant, vous l’écrivez en le chantant. Votre style n’est jamais, cher Grégoire, au service de la pédanterie : il accompagne l’humanité et la pose dans la lumière. Merci pour ces phrases qui laissent le cœur en suspens, merci aussi de n’être pas bavard, d’aller à l’essentiel et de lancer vos flèches avec justesse. Merci enfin d’être un infatigable écrivain du bonheur. Même si, comme vous l’écrivez, « il est un invité fantasque et qu’il quitte parfois la table, sans prévenir, sans raison », vous, cher Grégoire, ne vous lassez jamais de l’inviter, encore et encore, au fil des pages de vos si beaux romans qui, sans nier les ombres et les accrocs de l’existence, offrent à vos lecteurs et à vos si nombreuses lectrices de vieillir avec vous, sans avoir peur, parce que, à l’instar de Dana qui vous éclaire, vos mots rendent immortelles les jolies choses de la vie.

Frank Andriat

 

Grégoire Delacourt, La femme qui ne vieillissait pas, Jean-Claude Lattès, 2018.

      Mon cher Grégoire,

      J’aime vos livres, j’aime l’humanité qui les habite, j’aime les battements de mon cœur que vos mots réveillent et la tendresse au fond de moi qui prend son envol lorsque je lis vos lignes.

      J’ai dansé, mon cher ami, j’ai dansé avec Emma, dansé au bord de l’abîme. Jusqu’au bonheur et au vertige. Comme elle, je me suis laissé vivre, je me suis abandonné à ce réel si fort qu’on croit qu’il est un rêve, à ce coup de poing dans l’estomac qui projette dans la galaxie des sens et du désir, à vos petites phrases, comme des perles, qui arrêtent le regard du lecteur, mettent son mental sur pause et, avec grâce, le conduisent vers ce qu’il y a de plus secret en lui. Je crois que l’on trébuche amoureux à cause d’une part de vide en soi. Un espace imperceptible. Une faim jamais comblée. Depuis votre premier livre, vous êtes, Grégoire, l’auteur de nos faims jamais comblées. Vous dites, avec une merveilleuse humanité féminine, nos manques et nos fêlures. Sans les pointer du doigt, sans les juger, en les observant avec l’amour d’une mère qui regarde son enfant, avec un inaltérable sens du pardon, avec une vérité mordante aussi qui ne fait abstraction ni du délire, ni de la cruauté.

      Votre Emma est bien plus qu’une Emma Bovary parce qu’elle, au moins, réussit à se décentrer d’elle-même, à se tourner vers l’autre. Son désir trébuche dans la mort, mais se reconstruit dans l’amour. Votre roman sans concession a le sourire du Dormeur du Val : il est un trou de verdure où chante une rivière. Étonnamment, malgré la maladie, la mort, les déchirures, les trahisons qui l’habitent, il est résolument un roman d’espérance, il est le roman du Oui, de l’ouverture, de l’accueil, il est un livre de bonheur. Nous dansons avec vous, cher Grégoire, nous tourbillonnons, nous frémissons, nous sourions, nous désirons. Jusqu’au vertige.

      Et jamais Blanquette, la petite chèvre de Monsieur Seguin, n’est loin. Quelle merveilleuse trouvaille ! Elle m’a ravi. Votre roman, cher Gringoire, poète lyrique à Paris, placé sous la lumière douce des mots d’Alphonse Daudet ! Il suffit de peu de lignes pour parler de votre livre. L’éditeur l’a compris. C’est l’histoire de Blanquette, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, qui croise le regard d’un homme dans une brasserie. Aussitôt, elle sait. Et elle court vers la liberté, folle et courageuse, même si elle devine que le loup la mangera. Peu importe, elle aura vécu, elle aura pris un risque et elle aura ainsi offert de la vie autour d’elle.

      Merci, Grégoire, merci du fond du cœur. Dans ce roman du quotidien bouleversé, il n’y a pas qu’Emma. Il y a sa mère, ses enfants, son mari, Caroline, le cancer. Il y a les lèvres d’Alexandre, la brasserie André, Mimi Pomme de pin et la route des vins. Vous n’êtes avare ni de précisions, ni de dégustations. Votre livre est une fête. Vos pages murmurent le bonheur manqué et nous invitent à nous mouiller, à oser. Comme Blanquette. Le présent est immense, et c’est là qu’il faut aller. L’important est de savourer chaque instant, de vivre malgré nos nuits et nos fragilités, de tenir jusqu’à l’aube. Pour mieux et toujours plus aimer.

      Emma aima. Tout est dit.

      Je vous embrasse, mon cher Grégoire, et j’attends, avec une souriante impatience, votre prochain livre.

Frank Andriat

 

Grégoire Delacourt, Danser au bord de l’abîme, Jean-Claude Lattès, 2017.

      Mon cher Grégoire,

      Avec vous, chaque fois, pour notre bonheur, il s’agit d’amour, d’immenses amours simples, d’immenses amours fragiles, d’immenses amours qui nous parlent et qui nous ressemblent.

      Vous n’avez que faire de ces livres qui s’emprisonnent dans des manteaux d’autosuffisance au point d’en devenir insupportables, vous écrivez des romans du cœur qui ont la magie et la fraîcheur de la rosée du matin. Des livres qui font du bien et donc des livres importants.

      J’ai aimé le charme sauvage et doux de vos Quatre saisons de l’été. J’ai aimé la générosité du regard que vous posez sur l’autre et sur la relation entre les êtres. J’ai aimé ces Je qui s’enrichissent d’un Tu et qui tentent de s’offrir le meilleur. J’ai aimé ces personnes vraies que vous décrivez avec énormément de respect et beaucoup de grâce.

      Votre roman est une chanson exquise, mélancolique parfois, bouleversante toujours. Avec leurs ombres et leurs lumières, vos personnages ont la consistance délicate de chacun de nous. Votre histoire se construit petit à petit, comme un château de sable. Des liens se tissent qui surprennent pour arriver à un beau bouquet final qui dit l’amour comme un feu d’artifice sur la mer.

      Une nouvelle fois, vous surprenez. Une écriture allègre, une construction si différente de celle de vos ouvrages précédents. Au fil des pages, l’on sent que vous cherchez à nous faire plaisir. Vous nous prenez par la main, vous nous invitez à une promenade au cœur de quatre destins qui auraient pu ne jamais se rencontrer, quatre destins qui nous ressemblent, qui nous rassemblent. Ne sommes-nous pas chacun un peu Victoire, Louise-Monique, Rose, Jérôme et les autres fleurs de votre bouquet de personnages  qui tentent, au fil des jours, de vivre le moins mal (et parfois le mieux) possible ? Ne cherchons-nous pas, au Touquet et sur toutes les plages du monde, à vivre de beaux étés malgré les hivers du quotidien ? Ne nous retrouvons-nous pas souvent avec, dans le cœur, une impression de fin de monde ?

      Sans oublier les fêlures du réel, votre roman est bienfaisant et, même s’il fait sourire moqueusement ceux qui croient que la littérature est faite pour eux plutôt que pour ceux qui la lisent, il m’a offert un terrible moment de bonheur. N’est-ce pas le plus précieux, le plus savoureux ?

      J’ai hâte, Grégoire, hâte de serrer tendrement ma belle dans mes bras pour vivre, avec autant de fragilité et de pudeur que vos beaux personnages, une histoire d’amour réinventée et fleurie de lumière.

Frank Andriat

 

Grégoire Delacourt, Les quatre saisons de l’été, Jean-Claude Lattès, 2015.

        Cher écrivain du cœur, cher Grégoire,

      Je viens d’achever votre nouvelle perle, On ne voyait que le bonheur, et je tiens à vous dire combien votre écriture et votre sens de l’humain me touchent. Une fois de plus, vous allez à l’essentiel : à la vie dans ce qu’elle a de blessé et de fragile, à la vie qui, jour après jour, malgré les ombres, se tourne vers la lumière.

      Votre Antoine, votre Nathalie, votre Léon, votre FFF, votre Anna, votre Arginaldo, votre Matilda, votre Pascual et les autres sont de vibrants morceaux de nous : ils sont des personnes, pas des personnages et c’est ce qui crée leur force, des hommes et des femmes comme nous, « pleins de larmes » et de multiples joies, pleins de cette vie que nous nous efforçons de rattraper parce que, sans cesse, elle nous échappe.

      Vos romans, cher Grégoire, sont reliés par cette force du quotidien que nous bâtissons comme nous le pouvons, pas comme nous le voulons : vous osez, avec courage et réalisme, ouvrir nos valises de chagrins, les fouiller, vous osez descendre en nos obscurités pour tenter, avec la magie d’un sage maori, d’en remonter avec une goutte de lumière.

      Cher frère humain, cher ami, vos livres comme « des bougies dans des verres dessinent des chemins d’âmes » et deviennent des compagnons, des moments de clarté pour les lecteurs qui les fréquentent. Vous offrez du bonheur sans nier l’horreur et les ombres ; même si la vie tue, vous avez l’audace et la générosité d’écrire des histoires rédemptrices.

      Vous racontez nos larmes, cher Grégoire, mais vous montrez aussi, avec une touchante délicatesse, combien nos vies en valent la peine. Vous dites l’enfer des familles et des couples sans les juger, en accordant toujours à chacun, le bénéfice du doute. Si j’avais été à sa place, aurais-je fait mieux que lui ? Sans cette question, nous ne pouvons pas commencer à pardonner.

      Avec une grâce subtile, vous vous interrogez, vous nous interrogez sur le manque d’amour. C’est le fil de chacun de vos romans. Pourquoi aimons-nous aussi mal, pourquoi sommes-nous si mal aimés, pourquoi le bonheur s’imprime-t-il sur les photos du passé ou dans les rêves du futur, mais si peu dans notre présent ? Pourquoi l’amour qui sublime tout pleure-t-il devant les angoisses, la violence et la haine ? Pourquoi la beauté, la première chose qu’on regarde, est-elle si souvent réduite au désir qu’on a de posséder l’autre et de le transformer en une ligne de la liste de nos envies ?

      Comme Dana « qui est l’encre de tout », vous nous faites « chaque jour le cadeau d’un lendemain » et c’est pour cela que vos livres connaissent un si beau succès. Parce qu’ils nous rencontrent, cher Grégoire, parce que, comme de vrais amis, ils nous serrent la main en nous regardant dans les yeux, parce qu’ils nous aident à oser nous fréquenter.

      Je vous remercie de tout cœur. Pour votre humanité fragile et vraie. Pour votre écriture qui danse et qui émeut, pour les questions justes et simples que vous posez et pour l’immense amour dont vous habillez chacune de vos phrases. Pourquoi il pleut, Grégoire ? Je vous jure que ça me fait un bien fou quand, avec un sourire, vous me répondez.

Frank Andriat

Grégoire Delacourt, On ne voyait que le bonheur, Jean-Claude Lattès, 2014.

L’Écrivain de la famille, La liste de mes envies, La première chose qu’on regarde

sont disponibles dans Le Livre de Poche.

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